Peut-on combattre le sexisme ordinaire ?

Déjà en 2012, un dictionnaire des écoliers provoque une vague d'indignation

Il faut dénoncer le sexisme ordinaire pour faire progresser les choses, comme l'ont fait « Les nouvelles NEWS » en pointant un dictionnaire des écoliers rédigé par des enfants des écoles maternelles et élémentaires en 2010-2011 et mis en ligne par le CNDP. On pouvait y lire, entre autres : « Le père ? C'est le mari de la maman, sans lui la maman ne pourrait pas avoir d'enfants. C'est le chef de famille parce qu'il protège ses enfants et sa femme. La femme ? Elle peut porter des bijoux, des jupes et des robes. Elle a de la poitrine... »

Ou comment faire la preuve que les jeunes enfants sont imprégnés de clichés sexistes, et que leurs maîtres ou maîtresses n'ont rien fait pour y répondre. Une vague d'indignation sur les réseaux sociaux a permis le retrait de ce dictionnaire.

Des outils

En 2015, un rapport du Conseil supérieur de l'égalité professionnelle (devenu en 2022 la formation Égalité professionnelle du Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes), intitulé Le sexisme dans le monde du travail entre déni et réalité, définit le sexisme ordinaire et le harcèlement sexuel dans le cadre professionnel et propose des recommandations pour les combattre.

En 2019, le Conseil de l'Europe adopte le premier texte juridique international qui lutte contre le sexisme sous toutes ses formes. Il publie alors une vidéo (ci-dessous) pour montrer l'impact des comportements sexistes dans tous les domaines et comment ils réduisent les champs de possibilité des femmes.

SEXISME - vidéo du Conseil de l'Europe, septembre 2019 (2:19)Informations[1]

En 2023, le président de la République annonce que le 25 janvier deviendrait désormais la « journée nationale contre le sexisme » pour une société plus égalitaire.

Visuel de la journée nationale contre le sexisme.

En 2024, le Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes publie le « 6ème état du sexisme en France » montrant que famille, école et numérique sont les trois incubateurs qui inoculent le sexisme aux enfants dès le plus jeune âge (70% des femmes estiment ne pas avoir reçu le même traitement que leurs frères dans la vie de famille, près de la moitié des 25-34 ans pense que c’est également le cas à l’école et 92% des vidéos pour enfants contiennent des stéréotypes genrés).

Des initiatives

L’initiative #StOpE (Stop au sexisme ordinaire en entreprise), initiée en 2018 par Accor, EY et L'Oréal France, coordonnée depuis 2021 par l’AFMD (Association Française des Managers de la Diversité), ayant franchi en 2025 le cap de 300 entreprises et institutions signataires, a lancé depuis 2021 un outil de mesure biennal du sexisme ordinaire au travail en France : le Baromètre #StOpE. 

La lutte contre le sexisme est l’objectif principal du collectif Ensemble contre le sexisme.