Description

La mobilisation des pouvoirs publics en matière de violence scolaire ne s’est effectuée que très récemment au regard de l’émergence de ces manifestations et ce ne sont pas moins d’une douzaine de plans et de rapports qui ont vu le jour depuis une trentaine d’années. Dans les années 80 et malgré les premières médiatisations des violences urbaines, la violence scolaire n’est guère étudiée en tant que telle. Elle est largement taboue et il n’existe pas de politique publique spécifique pour y faire face. Elle s’inclut dans un ensemble plus vaste dont les violences urbaines sont l’emblème. C’est en réaction aux manifestations lycéennes de novembre 1990 que l’on voit apparaître les prémices de la création d’un objet de recherche singulier accompagné des premières mobilisations des pouvoirs publics (Debarbieux, Montoya, 1998a). Il est incontestable que l’effervescence de la presse écrite et audiovisuelle a renforcé la sensibilité grandissante du public français pour ce phénomène par le traitement de ces faits décrits de manière spectaculaire et sanglant. Cette mobilisation sans précédent va interpeller les pouvoirs publics donnant ainsi un souffle nouveau à la recherche et générant de nouveaux rapports et de nouvelles mesures.

 

Le grand invariant conceptuel prôné par les politiques publiques est pendant longtemps resté assimilé à des violences extérieures au monde scolaire dont il convenait de se prémunir et l’idéologie de l’école républicaine a largement contribué à cette cécité. La dimension sacralisée de cette institution oblitérait la possibilité d’analyser en interne les divers faits. La violence ne pouvait être conçue que provenant de l’extérieur favorisant ainsi l’image d’une « école agressée » (Dumay, 1994). Ainsi pensée, il était tout à fait logique que des institutions externes (police, justice) soient sollicitées à des fins de préventions et de traitements. A l’instar des médias, les visions ministérielles de ces phénomènes – quelle que soit l’alternance politique – se focaliseront toujours sur les actes les plus graves dans une logique intrusive. C’est à partir de ce modèle que naîtront les politiques publiques de prévention de la violence à l’école, justifiant ainsi une re-sanctuarisation.

 

Aujourd’hui, la violence à l’école est plutôt considérée comme un phénomène spécifique qui ne pas doit être confondu avec la délinquance juvénile même si elle y participe ; elle est aussi parfois abordée comme un problème de santé publique (Bauer, 2010, p 10). Cette prise en compte nouvelle s’est réalisée sur la base d’un certain nombre de rapports et de travaux parfois anciens incontournables pour la compréhension de l’abord du phénomène par les pouvoirs publics.


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