Description

La question de l’efficacité et la recherche de « bonnes pratiques » pour lutter contre la violence à l’école a vu se développer ces dernières années une littérature scientifique et pédagogique importante sur le plan international, avec la publication de puissantes méta-analyses1. Ces recherches convergent vers une conclusion encourageante (Wilson et Lipsey, 2006): il y a des programmes dont on peut affirmer l’efficacité, qui agissent sur les troubles de comportement, le taux d’agression, la délinquance à l’école. A vrai dire le nombre et la qualité des recherches publiées sont impressionnants : il paraît justifié d’affirmer que nous savons ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas dans la lutte contre la violence en milieu scolaire (Debarbieux et Blaya, 2008).

Cependant y compris dans les pays où ces évaluations sont relativement plus développées le même constat est dressé: « La prévention du crime aujourd’hui comme dans le passé a tendance à être conduite plus par la rhétorique que par la réalité (Visher et Weisburd, 1998, p. 238)». Pour les criminologues Sherman, Farrington, Welsh et Mac Kenzie (Sherman et al., 2002, p.1) nous sommes souvent devant un « patchwork de programmes » dont nous ne connaissons pas l’effet réel dans la diminution de la délinquance. La prévention du crime dépend plus du « programme favori du mois et de l’idéologie politique » que de l’évidence scientifique. Cette absence d’évaluation a des effets négatifs multiples : scepticisme généralisé, investissements hasardeux de la dépense publique, maintien d’actions parfois improductives pour des raisons démagogiques par force de l’habitude ou par conservatisme.

Dans un premier temps nous examinerons l’importance de l’évaluation des programmes et des politiques publiques contre la violence à l’école et présenterons quelques conclusions sur les conditions pour qu’un programme soit efficace. Ce qui nous entraînera à montrer comment plus que de « programmes » exceptionnels la prévention de la délinquance doit pour être efficace être également appuyée sur de solides routines, et ne peut se penser que dans un contexte. Et si au centre de l’action contre la violence à l’école la transformation des pratiques collectives était une nécessité à travers le prisme du « climat scolaire » ?


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